Merci de respecter mes mots et mes images en ne les empruntant pas sans m'en parler avant...

lundi 14 novembre 2022

Où j'en suis

Novembre est là et malgré le gros travail énergétique psycho-corporel, ma vie n'a pas changé : le manque est toujours là et je bute toujours sur la douleur physique.

Sans refuser la tristesse (j'apprends à la prendre dans mes bras, bien-veiller dessus pour m'apporter la consolation que je peux - il y en moi un sanglot qui crie, gonflé de tant de solitude et de coups), je peux dresser aujourd'hui la liste de ce que je réussis.

- Je vis et je continue d'aimer. C'est la plus belle victoire de mes 42 années. C'est une force innée et un choix : une détermination.

- Je fais un chemin de poète, lentement en tortue tenace. Cette année, je n'ai pas perdu d'argent avec ce travail, c'est un pas réjouissant. Je suis satisfaite de mon choix de création d'un site. J''ai des écrits en cours comme les branches d'un arbre dont on verra plus tard de quelle espèce il est, ce qu'il donnera et à qui. J'ai renoué ce mois avec mon désir d'histoire pour enfants. J'ai projeté un gros week-end "salon" avant de terminer 2022.

- J'ai gardé une amie, ma super couz', un pote et le lien improbable avec le jeune homme tisse toujours sa trame précieuse nourrie de nous deux. J'ai une place quelque part en partageant mes lectures, je rencontre un peu plus en direct entre deux fatigues douloureuses, et j'ai des interactions en indirect grâce à internet sans lequel mon isolement aurait été pire. J'ai retrouvé un lien au monde avec ma vie si différente.

 J'aimerais tout de même que dans les bilans il y ait un jour bientôt "un amoureux m'accompagne et nous créons ensemble la suite du chemin"...


dimanche 21 août 2022

L'été

Je vais passer sur la chaleur (presque une canicule de 2 mois par chez moi...), je ne vous apprendrai rien.

Mais j'ai continué à me sentir un peu plus "dans le monde".

J'ai rencontré des inconnues et retrouvé des personnes déjà vues par le biais d'une association qui est complètement ce dont j'avais besoin. Ça devrait au moins me donner l'occasion d'une rencontre une fois par mois...

J'ai arrêté le kiné - je ne suis pas plus mal sans et ça m'évite de m'énerver : bref, on était arrivés au bout de l'histoire - et me suis tournée vers un ostéopathe énergéticien qui me parait être une bonne pioche mais c'est à suivre.

J'ai retrouvé ma couz' qui fait sa vie de l'autre côté de l'Atlantique et repris le lien avec mon filleul (la dernière fois que nous avions passés du temps ensemble, il avait 7 ans... il en a 10 maintenant, merci Covid) et c'était chouette, ces moments qui m'ont fait partir 2 jours par-ci, 2 jours par-là, un soir ailleurs. 

J'ai fait des choses qui n'étaient plus au programme de ma vie depuis très très longtemps : côtoyer les autres cousines du même âge pour reformer "les 4 chipies", apporter une bouteille de rosé pour un barbecue, préparer un gâteau pour un pique-nique partagé (pas juste pour moi et une part au "jeune homme"), côtoyer des enfants de 7, 10, 11 et 13 ans, gagner ou perdre à des jeux de société, papoter dans une piscine privée... 

J'ai eu des satisfactions d'autrice, et de lectrice qui partage sur babelio, et de marraine-presque tata accueillie avec joie et câlin.

J'ai écrit, pas autant que je le voudrais mais petit à petit, j'ai des projets qui avancent et je me réjouis d'avoir cet objectif de continuer, enfin redonner de l'espace à cette partie de moi.

Maintenant, j'espère que la vie va m'accompagner vers des horizons doux, joyeux et plein d'amour... au plus possible.

vendredi 3 juin 2022

Le printemps

Ces dernières semaines, plusieurs moments ont révélé que mon travail intérieur avait - enfin ! - des répercussions extérieures positives. Des ventes de mon travail qui ont fait du bien, de nouvelles personnes qui apparaissent, le regard accompagnant du "jeune homme", un sentiment plus fort de faire un peu partie du monde, en me respectant.

Je construis à nouveau, avec ce que j'ai compris de toutes ces années, avec l'espace que j'ai réussi à retrouver en cohabitant mieux avec les douleurs. Je ne veux pas sortir de moi, je ne veux pas sublimer ce qui n'est pas aimable pour certains (j'espère que les autres seront au rendez-vous mais quitte à faire avec la solitude, autant le faire en douceur, dans la bienveillance de moi-même). Je veux exister, et ce sera avec mes ombres, sur ce chemin singulier où depuis toujours, au fond, je plante des fleurs tempête après tempête. Je ne maîtrise pas ce que je renvoie à l'autre, je peux améliorer un peu le canal de transmission mais le reste appartient à celui qui regarde... Ce que je peux vraiment, c'est ne plus dire "oh pardon, désolée" à la table basse quand je me cogne, ne plus me sentir fautive d'être heurtée, ne plus me sentir responsable de cette altérité perturbante et aller vers... l'amour, ce qui me nourrit et me renforce.

C'est fragile, comment ne pas avoir peur ? J'ai eu foi en l'avenir plusieurs fois... Mais je me lance à projeter de nouvelles expériences, en essayant de ne pas être dans une énergie de réussites / échecs mais seulement de découvertes et d'apprentissages. J'ai trouvé deux associations encourageantes. Et puis l'envie du 2e roman est toujours là et grandit, en compagnie d'autres écrits qui voleront peut-être vers des lecteurs, quand ce sera le temps de la rencontre.

samedi 9 avril 2022

Le constat et le frémissement

Je n'aime pas cette pensée mais il y a des réalités à affronter : ceux qui étaient mes proches ont une part de responsabilité dans mon isolement et ce sentiment d'une vie qui n'intéresse pas...

L'une d'entre eux est sortie de ma vie, rejoindre les autres qui l'ont déjà quittée, pour des raisons qui se ressemblent bien que chaque histoire ait sa spécificité. Au fond, il n'y avait pas l'envie de rencontrer la personne que je suis et qui va sur son chemin...

Mais il y a un frémissement pour des rencontres, une vie sociale qui se dessine un peu plus riche (moins, ce serait quand même vraiment grave). Et puis il y a toujours le jeune homme un peu moins jeune homme, cette si jolie réussite de mes dernières années.

mercredi 2 mars 2022

Etre dans la vie, ma place

Je suis venue plusieurs fois commencer des articles mais ils sont tous restés brouillon. Peut-être parce que le travail intérieur qui se poursuit ne se partage pas et sûrement parce que ma vie extérieure me parait trop immuable...

Tout de même, mon recueil a fini par devenir livre. Son destin sera peut-être encore plus confidentiel que tout le reste mais il existe, je suis fière de mon travail et il m'a fait vivre deux, trois jolis moments. J'espère qu'il y en aura d'autres.

Et puis, je ne suis pas à l'arrêt. Je sens que je suis dans le bon processus. Lent et long.. Je comprends de mieux en mieux ce qui s'est construit en moi, je réalise la puissance de la vie en moi, et la difficulté de mon chemin, et ce que la survie m'a dicté et ce bordel d'émotions que mon corps a encaissé, enfermé, piégé dans une solitude immense. Je libère tout ça. J'ai découvert, avec le jeune homme et cette relation qui continue à être si précieuse et riche, que la phrase "j'ai ma place dans la vie de quelqu'un que j'aime, sans avoir à m'adapter et me sur-adapter" avait une importance essentielle. Pas la place qu'on veut bien me donner si je fais les efforts pour rejoindre la vie des autres, pour effacer la paralysie, la douleur, le corps qui lutte, mes blessures et même parfois ce qui me fait vibrer, mais MA place dans sa singularité et son entièreté, et qui fait lien. Ma place en relation à l'autre, racontant quelque chose de moi pour tisser une vie qui serait différente si je n'existais pas. Un fil qui fait un accroc s'il vient à manquer. 

Hier, j'ai eu une chouette journée comme j'en voudrais plus. Je continue le processus. Je suis prodigieusement dans la vie..  j'aimerais que ça se répercute plus à l'extérieur. Je continue le processus.



vendredi 12 novembre 2021

Etat des lieux

La vie ne m'a pas apporté de compagnon, à peine la promesse de la parution du livre qui attend depuis plus de 2 ans (je croise les doigts, il doit être imprimé à la fin de la semaine. J'espère que cette fois-ci sera la bonne, je me réjouirai totalement quand ce sera dans mes mains) et la perspective de montrer mes nouvelles cartes et le reste dans un salon.

Mais la vie a continué à répondre d'une manière bien triste à l'amour que j'ai pour elle. Depuis octobre, je sais que mon petit frère n'échappera pas non plus à la maladie génétique familiale qui a pourtant fait bien assez de mal comme ça. On a évité le drame ultime supplémentaire mais pas l'angoisse d'un saignement au mauvais endroit du cerveau, au mauvais moment... Je ne peux éviter non plus ce que ça réactive en moi de colère, de peur, de tristesse, de violence ressentie... Heureusement, il y a tout ce chemin que j'ai fait, l'accompagnement psycho-corporel que j'ai trouvé et qui se poursuit toujours aussi surprenant, riche, important. Heureusement, il y a le jeune homme toujours là dans cette relation étonnante et précieuse... Heureusement, il y a ce métier d'écrivain auquel je redonne de la place parce que c'est mon désir profond, ce que je suis, même si c'est en allant au pas de la tortue.

Heureusement mais j'aimerais tellement d'autres jours et d'autres nuits... une autre histoire...

lundi 13 septembre 2021

Des clefs

Au bout de tous ces mois, j'arrive à ce mois de septembre avec des clefs, sans trop savoir quelles serrures elles ouvriront.

Une histoire de place.  "La douleur l'avait conduite à devenir quelqu'un d'autre. Quelqu'un qu'elle détestait." J'ai lu cette phrase dans le livre Après de Nikki Gemmell et elle sonne tellement vrai. La douleur continue (autre mot lu dans ce livre, tellement plus juste que "chronique" dans mon cas), c'est une grande bataille pour ne pas devenir quelqu'un qu'on déteste. Une histoire de place et d'équilibre. Nier la présence de la douleur, c'est lui donner une force explosive. C'est comme les émotions négatives qu'on met dans un coin en espérant que ça s'évanouisse tout seul... ça finit pire. Mais on lui donne la main et elle nous mange le bras, et tout le reste. Il faut une vigilance - et une force folle - pour la garder à sa place. Être attentive à la cohabitation. J'ai essayé le troc "je te donne ça, tu me laisses ça" mais ça ne fonctionne pas. Habiter ensemble, ce n'est pas de la tractation commerciale. C'est avoir de la place pour tous les éléments.

Une conversation m'a fait réfléchir sur "vouloir être au centre". Il y a autour de moi une injonction inconsciente à "rester de côté". Dans le petit coin de la fille qui est là, solide ermite qu'on vient consulter quand on a besoin, parce que ça arrange comme ça. Et qui doit être contente de ça. Je le vois par le jeune homme qui m'a offert autre chose, qui m'offre autre chose... Je suis toujours incluse dans l'histoire qui se passe entre nous, même quand je suis cachée derrière mon livre pendant qu'il s'occupe d'un client. J'existe toujours. Une histoire de place, là encore. Être au cœur de la vie, en poète parce que ça me constitue (j'ai relu le blog, d'autres écrits, j'ai vu l'évolution... et ce que l'épuisement et la déception m'ont fait mettre de côté alors que c'est ce qui me fait du bien), et avec ce corps parce que je n'ai pas d'autre choix. Être au centre de ma propre vie, centrée sur mon axe, qu'il est temps de redessiner avec tout ce que j'ai appris et soigné, et au centre d'échanges qui disent "tu existes, et comme tu es, c'est bien."

Prendre appui. C'est le dernier cadeau de mes séances psycho-corpo. Sur quoi ? C'est une question à explorer. Sur quoi m'appuyer qui ne se désagrège pas au fur et à mesure ? Même dans l'océan mouvant, le navire s'appuie sur l'eau...