Au bout de tous ces mois, j'arrive à ce mois de septembre avec des clefs, sans trop savoir quelles serrures elles ouvriront.
Une histoire de place. "La douleur l'avait conduite à devenir quelqu'un d'autre. Quelqu'un qu'elle détestait." J'ai lu cette phrase dans le livre Après de Nikki Gemmell et elle sonne tellement vrai. La douleur continue (autre mot lu dans ce livre, tellement plus juste que "chronique" dans mon cas), c'est une grande bataille pour ne pas devenir quelqu'un qu'on déteste. Une histoire de place et d'équilibre. Nier la présence de la douleur, c'est lui donner une force explosive. C'est comme les émotions négatives qu'on met dans un coin en espérant que ça s'évanouisse tout seul... ça finit pire. Mais on lui donne la main et elle nous mange le bras, et tout le reste. Il faut une vigilance - et une force folle - pour la garder à sa place. Être attentive à la cohabitation. J'ai essayé le troc "je te donne ça, tu me laisses ça" mais ça ne fonctionne pas. Habiter ensemble, ce n'est pas de la tractation commerciale. C'est avoir de la place pour tous les éléments.
Une conversation m'a fait réfléchir sur "vouloir être au centre". Il y a autour de moi une injonction inconsciente à "rester de côté". Dans le petit coin de la fille qui est là, solide ermite qu'on vient consulter quand on a besoin, parce que ça arrange
comme ça. Et qui doit être contente de ça. Je le vois par le jeune homme qui m'a offert
autre chose, qui m'offre autre chose... Je suis toujours incluse dans l'histoire qui se passe entre nous, même quand je suis cachée derrière mon livre pendant qu'il s'occupe d'un client. J'existe toujours. Une histoire de place, là encore. Être au cœur de la vie, en poète parce que ça me constitue (j'ai relu le blog,
d'autres écrits, j'ai vu l'évolution... et ce que l'épuisement et la déception m'ont fait mettre de côté alors que c'est ce qui me fait du bien), et avec ce corps parce que je n'ai pas d'autre choix. Être au centre de ma propre vie, centrée sur mon axe, qu'il est temps de
redessiner avec tout ce que j'ai appris et soigné, et au centre d'échanges qui disent "tu existes, et comme tu es, c'est bien."
Prendre appui. C'est le dernier cadeau de mes séances psycho-corpo. Sur quoi ? C'est une question à explorer. Sur quoi m'appuyer qui ne se désagrège pas au fur et à mesure ? Même dans l'océan mouvant, le navire s'appuie sur l'eau...
Coucou belle âme, tes mots sont toujours aussi percutants. La douleur, oh oui je crois savoir combien il est compliqué de cohabiter avec elle. Parfois, elle est tellement présente alors que rien ne laisse supposé qu'elle est là et elle attaque insidieuse, elle ronge... tu as le droit d'exister telle que tu es avec ta souffrance, ta douleur, ta différence. Qui a le droit de te juger, écarter, profiter de toi ? Personne !! Une psy disait il y a peu à une amie :"si vois ne vous sentez pas coupable, personne ne peut vous atteindre, vous blesser". J'ai trouvé ça très fort et pertinent. Tu as le droit d'être qui tu es et ceux qui te dévalorise, profite, etc...eh bien, mettre juste in peu de distance et te sentir légitime. Je dis tout ça mais je sens et je sais que tu sais
RépondreSupprimerMince, je n'avais pas fini...
RépondreSupprimerJe suis heureuse de cette relation avec le jeune homme c'est doux, c'est fort et authentique. Merci la Vie !!! Je te souhaite de trouver ces clés et le point d'appui qu'il te faut pour avancer, encore, toujours, vers celle que tu es au fond...joli papillon ♡ bisous