Il y eut le jeune homme qui m'a fait une chouette coiffure avec mes boucles, et une frange inhabituelle, dans une ambiance qui m'a laissé une sensation que je n'ai pas su définir.
Il y eut l'annonce d'un empêchement de l'amie-lectrice de bébé-roman qui devait venir de loin et pour laquelle j'avais préparé l'appartement la veille.
Il y eut des invités là avant l'heure, des compliments sur ma tenue et ma coupe.
Il y eut une installation au feeling.
Il y eut les sourires des invités, tous présents par envie de partager ce grand moment, tous réjouis pour moi.
Il y eut une tante qui avait d'autres trucs à faire mais voulant absolument être là au moins quelques minutes.
Il y eut quelques personnes que je ne connaissais pas, venue par d'autres, par curiosité.
Il y eut l'éditeur en retard et tout le monde qui attendait en discutant, avec un café et une bouchée gourmande.
Il y eut l'éditeur surpris et ravi de voir tant de monde.
Il y eut une envolée vers les livres posés sur la table.
Il y eut une organisation "on paye à qui"... flottante (à cause d'une "collègue" qui se prend pour ce qu'elle n'est pas)
Il y eut les réactions enthousiastes, les livres feuilletés immédiatement, les échos positifs sur l'objet vraiment réussi, les ressentis après quelques lignes lues qui m'ont donné des mots pour mieux écrire les dédicaces, mieux dire ce que j'ai mis dans ce livre.
Il y eut quelqu'un qui a bien connu la grand-mère qui est un peu dans le livre.
Il y eut dédicace sur dédicace, interrompue une fois ou deux par l'organisation de la suite avec l'éditeur.
Il y eut la surprise d'amis qui ne voulaient rater ça pour rien au monde mais qui m'avaient dit ne pas être disponibles.
Il y eut une table vide. Il y eut un dernier acheteur au moment où je pensais ranger, qui est une personne que je vois le 31 décembre de (presque) chaque année et c'est tout, et qui a fait un détour exprès pour !
Il y eut tellement de bonne humeur et de chaleur autour de moi, autour de ce livre.
Il y eut une prolongation agréable du partage en famille.
Il y eut la joie de savoir que vendredi, ma mère avait dit à ma grand-mère/marraine pour la sortie du roman et qu'elle avait répondu un grand "oh que je suis heureuse !" en posant ses mais sur son visage, et ce matin la joie que cela soit resté et de pouvoir lui montrer le livre quelques minutes, et puis de la promener un ptit moment puisqu'elle avait répondu tout de suite "oui" à ma proposition.
Il y eut mon anniversaire (en avance) et un cadeau imprévu bien qu'évoqué : une année de cinéma illimité ! Le luxe de ne pas se poser la question des sous... et la possibilité de parler ciné encore et encore avec le jeune homme. :-)
Il y eut un week-end fou, qui donne confiance et envie.
Il y eut mes mains ouvertes pour recevoir.
Il y a la fierté de la tortue arrivée à cet endroit-là du chemin, et qui est prête à continuer sa route, tenace et patiente, parce qu'elle sait combien la joie est une chance précieuse, et parce qu'elle sait tellement le chemin parcouru...
Un jour d'avril 1996, j'ai écrit dans un cahier "J'ai décidé d'écrire un livre, de fixer sur le papier ce que je ressens, ce que j'ai ressenti depuis mon hospitalisation. [...] Je vais essayer d'écrire un livre, même si je ne sais pas ce que ça donnera. Même s'il y a toutes les chances pour que ça tombe à l'eau."
Le 8 novembre 1996, j'écrivais dans ce même cahier :"j'attends d'être assez forte pour refaire surface. Et à ce moment-là, même si c'est orgueilleux et bête, je serai écrivain/poète."