Merci de respecter mes mots et mes images en ne les empruntant pas sans m'en parler avant...

mercredi 2 mars 2022

Etre dans la vie, ma place

Je suis venue plusieurs fois commencer des articles mais ils sont tous restés brouillon. Peut-être parce que le travail intérieur qui se poursuit ne se partage pas et sûrement parce que ma vie extérieure me parait trop immuable...

Tout de même, mon recueil a fini par devenir livre. Son destin sera peut-être encore plus confidentiel que tout le reste mais il existe, je suis fière de mon travail et il m'a fait vivre deux, trois jolis moments. J'espère qu'il y en aura d'autres.

Et puis, je ne suis pas à l'arrêt. Je sens que je suis dans le bon processus. Lent et long.. Je comprends de mieux en mieux ce qui s'est construit en moi, je réalise la puissance de la vie en moi, et la difficulté de mon chemin, et ce que la survie m'a dicté et ce bordel d'émotions que mon corps a encaissé, enfermé, piégé dans une solitude immense. Je libère tout ça. J'ai découvert, avec le jeune homme et cette relation qui continue à être si précieuse et riche, que la phrase "j'ai ma place dans la vie de quelqu'un que j'aime, sans avoir à m'adapter et me sur-adapter" avait une importance essentielle. Pas la place qu'on veut bien me donner si je fais les efforts pour rejoindre la vie des autres, pour effacer la paralysie, la douleur, le corps qui lutte, mes blessures et même parfois ce qui me fait vibrer, mais MA place dans sa singularité et son entièreté, et qui fait lien. Ma place en relation à l'autre, racontant quelque chose de moi pour tisser une vie qui serait différente si je n'existais pas. Un fil qui fait un accroc s'il vient à manquer. 

Hier, j'ai eu une chouette journée comme j'en voudrais plus. Je continue le processus. Je suis prodigieusement dans la vie..  j'aimerais que ça se répercute plus à l'extérieur. Je continue le processus.



vendredi 12 novembre 2021

Etat des lieux

La vie ne m'a pas apporté de compagnon, à peine la promesse de la parution du livre qui attend depuis plus de 2 ans (je croise les doigts, il doit être imprimé à la fin de la semaine. J'espère que cette fois-ci sera la bonne, je me réjouirai totalement quand ce sera dans mes mains) et la perspective de montrer mes nouvelles cartes et le reste dans un salon.

Mais la vie a continué à répondre d'une manière bien triste à l'amour que j'ai pour elle. Depuis octobre, je sais que mon petit frère n'échappera pas non plus à la maladie génétique familiale qui a pourtant fait bien assez de mal comme ça. On a évité le drame ultime supplémentaire mais pas l'angoisse d'un saignement au mauvais endroit du cerveau, au mauvais moment... Je ne peux éviter non plus ce que ça réactive en moi de colère, de peur, de tristesse, de violence ressentie... Heureusement, il y a tout ce chemin que j'ai fait, l'accompagnement psycho-corporel que j'ai trouvé et qui se poursuit toujours aussi surprenant, riche, important. Heureusement, il y a le jeune homme toujours là dans cette relation étonnante et précieuse... Heureusement, il y a ce métier d'écrivain auquel je redonne de la place parce que c'est mon désir profond, ce que je suis, même si c'est en allant au pas de la tortue.

Heureusement mais j'aimerais tellement d'autres jours et d'autres nuits... une autre histoire...

lundi 13 septembre 2021

Des clefs

Au bout de tous ces mois, j'arrive à ce mois de septembre avec des clefs, sans trop savoir quelles serrures elles ouvriront.

Une histoire de place.  "La douleur l'avait conduite à devenir quelqu'un d'autre. Quelqu'un qu'elle détestait." J'ai lu cette phrase dans le livre Après de Nikki Gemmell et elle sonne tellement vrai. La douleur continue (autre mot lu dans ce livre, tellement plus juste que "chronique" dans mon cas), c'est une grande bataille pour ne pas devenir quelqu'un qu'on déteste. Une histoire de place et d'équilibre. Nier la présence de la douleur, c'est lui donner une force explosive. C'est comme les émotions négatives qu'on met dans un coin en espérant que ça s'évanouisse tout seul... ça finit pire. Mais on lui donne la main et elle nous mange le bras, et tout le reste. Il faut une vigilance - et une force folle - pour la garder à sa place. Être attentive à la cohabitation. J'ai essayé le troc "je te donne ça, tu me laisses ça" mais ça ne fonctionne pas. Habiter ensemble, ce n'est pas de la tractation commerciale. C'est avoir de la place pour tous les éléments.

Une conversation m'a fait réfléchir sur "vouloir être au centre". Il y a autour de moi une injonction inconsciente à "rester de côté". Dans le petit coin de la fille qui est là, solide ermite qu'on vient consulter quand on a besoin, parce que ça arrange comme ça. Et qui doit être contente de ça. Je le vois par le jeune homme qui m'a offert autre chose, qui m'offre autre chose... Je suis toujours incluse dans l'histoire qui se passe entre nous, même quand je suis cachée derrière mon livre pendant qu'il s'occupe d'un client. J'existe toujours. Une histoire de place, là encore. Être au cœur de la vie, en poète parce que ça me constitue (j'ai relu le blog, d'autres écrits, j'ai vu l'évolution... et ce que l'épuisement et la déception m'ont fait mettre de côté alors que c'est ce qui me fait du bien), et avec ce corps parce que je n'ai pas d'autre choix. Être au centre de ma propre vie, centrée sur mon axe, qu'il est temps de redessiner avec tout ce que j'ai appris et soigné, et au centre d'échanges qui disent "tu existes, et comme tu es, c'est bien."

Prendre appui. C'est le dernier cadeau de mes séances psycho-corpo. Sur quoi ? C'est une question à explorer. Sur quoi m'appuyer qui ne se désagrège pas au fur et à mesure ? Même dans l'océan mouvant, le navire s'appuie sur l'eau...


vendredi 9 avril 2021

Avril, déjà...

Avril, déjà...

Et je ne sais que répondre à "ça va ?" aux rares qui me le demandent, essentiellement en réponse à un de mes messages. Je ne sais que répondre, sauf au jeune homme que j'aime toujours (mais c'est devenu plus difficile de se voir ces dernières semaines...) et à ma cousine de l'autre côté de l'Atlantique, sauf à l'accompagnant psycho-corporel avec lequel je continue d'avancer, encore et encore. Sauf au kiné parce que ça s'arrête à l'état de mon corps le jour où je viens.

Avril, déjà... Est-ce qu'un jour il y aura dans ma vie quelqu'un avec qui échanger regards et paroles au quotidien, est-ce qu'un jour il n'y aura plus ces semaines sans personne avec qui vivre ? Est-ce qu'un jour je chanterai un autre air ? 

Avril déjà et je fais de mon mieux. Une chose a vu le jour : un nouveau site web pour mon travail d'écriture que je reprends, que je relance, attendant toujours la publication du recueil prêt depuis 2 ans, espérant ajouter d'autres mots, d'autres créations, à ce que j'ai déjà fait, et qu'il y ait rencontres...

dimanche 3 janvier 2021

La suite

A celles et ceux qui restent fidèles malgré mes absences, celles et ceux qui passeraient par là, je souhaite une bonne nouvelle année, qu'elle vous soit douce et joyeuse.

Au bout de cette année où il fallu faire avec ce que le virus pandémique a laissé de possible, au début de celle qui vient avec l'incertitude de ce qu'on pourra retrouver de ce qu'on aimait faire et quand... j'ai bizarrement un sentiment positif : j'ai des réussites à célébrer et de la curiosité pour l'a-venir. 

Ce n'est donc pas une si mauvaise année, et en relisant mon bilan et mes intentions d'il y a un an,je pense "je me suis plutôt bien débrouillée"... Je n'ai pas réussi à changer ce qui me manque mais quelque chose a bougé, dans mes profondeurs - j'ai l'air d'avoir trouvé la croyance délétère sur laquelle tout était bâti, et il me fallait sûrement prendre le temps d'écouter ma souffrance, légitime bien que peu entendable par les autres (trop intangible)... Ma situation est la même et je n'en suis pas heureuse, mais j'ai vu mes erreurs et ce qui ne vient pas de mon fait dans cet isolement : désormais, je vais là où celle que je suis est accueillie, désirée, sans que j'aie besoin de taire une partie, m'adapter pour protéger l'autre de mon inopportunité...

Mes rêves sont les mêmes, je ne réussis pas à avoir un corps qui suit le rythme sans poser de problème, mais j'ai des réussites : la lecture  m'a apporté une vie web-sociale sympathique, je n'ai pas abdiqué sur mon chemin d'écrivain (je reprends, nourrie de ce cheminement intime, sûrement), et puis il y a ce jeune homme, cette relation improbable qui ne fait que m'affirmer comme j'ai bien fait de suivre l'instinct et le cœur : chaque temps passé ensemble (le plus souvent possible, pour lui comme pour moi) enrichit notre lien, et m'apporte du bon. Ça pique parfois mais ça vient de la situation, pas de lui.

Mes désirs sont les mêmes et rien ne dit qu'ils ne resteront pas une faim douloureuse mais là où mes espoirs avaient quelque chose de la volonté désespérée parce qu'il faut de l'horizon éclairci pour avancer, je crois qu'il y a plutôt une curiosité pour la suite, l'envie d'un nouvel environnement à explorer - celui du couple entre autres. J'allais avec courage, détermination, mais sans confiance.

Mon intention de 2020 se continue en 2021...

Pour le bercer ou le bâtir, prendre chaque jour entre mes bras,
Accueillir son rythme cardiaque, labour ou brouhaha.
Poser ma tête sur l'épaule de la vie. 
Avec foi et bienveillance, faire les pas du chemin.
Faire plein usage du sensible au cœur de moi.
Explorer, créer, vibrer.
 Aimer, toujours.
 
Bienvenue telle que je suis, recevoir l'amour.
Embrasser la puissance de la panthère.

mardi 3 novembre 2020

La puissance de la panthère

Les mois ont passé, en silence ici.

J'ai continué à chercher. Chercher comment faire avec la blessure que j'ai, celle d'atteindre 40 ans sans avoir pu être dans une vie de compagne amoureuse, et de maman. Chercher quels pas faire pour être dans une vie qui me plaît mieux. Je me suis sentie fière, et soulagée, de trouver encore cette force-là. Chercher encore, c'est déjà ça. Les mois ont passé et j'ai fait quelques pas de côté.

Malgré le contexte pas favorable aux rencontres et à la vie sociale, le sentiment d'isolement s'est résorbé. Bon, dans une semaine sans avoir été en contact direct avec quelqu'un que j'aime, avec mon anniversaire en approche, on verra où j'en suis...  Dans mes amitiés anciennes, deux se sont joliment réveillées, j'ai plus d'échanges avec plus de personnes, et le jeune homme m'a montré que notre relation existe complètement en dehors de son couple, relation indéfinissable qui poursuit sa route étonnante, toujours plus riche de chaque moment passé ensemble. Ces dernières semaines, son enthousiasme à me voir, son besoin de ma présence, étaient palpables : je suis chez moi, à ma place, dans son regard. Ça n'empêche pas la solitude, le rêve d'autre chose, mais c'est un trésor qui porte en avant.

Et je peux enfin mettre de l'énergie dans ma vie d'écrivain. Le livre qui aurait dû depuis longtemps être publié devrait l'être prochainement, même si je ne sais pas ce qu'il y a derrière ce prochainement. Je reprends le fil, pour tisser d'autres choses, poursuivre ce chemin et voir où il peut mener. Me concentrer là-dessus, c'est l'objectif maintenant.

Après toutes ces années de travail psycho-corporel, quelque chose a changé. Rien qui ne se voit encore dans ma situation de vie mais quand d'autres mois seront passés, selon ce que la situation du monde rendra possible ? Ce que je sais, c'est qu'une panthère est apparue en moi à côté de l'oiseau, et que je vais la suivre. Un autre mouvement.

jeudi 20 août 2020

27 ans

27 ans (hier) depuis le jour de l'opération, jour de pertes où je suis restée en vie.

J'ai réussi à rester en vie. A accrocher quelques bonheurs et à en donner. Je suis douée pour ça, et c'est censé suffire...  mais à bientôt, trop vite, 40 ans, exister - avoir une place qui ferait un vide si je mourrais, qui ferait une autre vie, "la vie sans moi" - pour si peu de personnes... J'ai raté ce que les autres font et que je voulais vivre. Je n'ai pas su faire autrement...

27 ans. A peine moins que le jeune homme que j'ai cru "capable de" mais qui me laisse dans cet espace-temps du salon et continue à faire sa vie... avec une autre.

Arriverai-je à changer ce destin de vieille fille isolée condamnée à observer la vie des autres et à (s') inventer des histoires, finissant vieille dame oubliée (si je reste en vie jusque là) ? Arriverai-je à me réjouir de ce destin s'il est le mien, à m'en contenter ? 

J'essaie. De toute mes forces de capitaine.

Mais que ma tristesse est profonde...