Merci de respecter mes mots et mes images en ne les empruntant pas sans m'en parler avant...

mardi 3 novembre 2020

La puissance de la panthère

Les mois ont passé, en silence ici.

J'ai continué à chercher. Chercher comment faire avec la blessure que j'ai, celle d'atteindre 40 ans sans avoir pu être dans une vie de compagne amoureuse, et de maman. Chercher quels pas faire pour être dans une vie qui me plaît mieux. Je me suis sentie fière, et soulagée, de trouver encore cette force-là. Chercher encore, c'est déjà ça. Les mois ont passé et j'ai fait quelques pas de côté.

Malgré le contexte pas favorable aux rencontres et à la vie sociale, le sentiment d'isolement s'est résorbé. Bon, dans une semaine sans avoir été en contact direct avec quelqu'un que j'aime, avec mon anniversaire en approche, on verra où j'en suis...  Dans mes amitiés anciennes, deux se sont joliment réveillées, j'ai plus d'échanges avec plus de personnes, et le jeune homme m'a montré que notre relation existe complètement en dehors de son couple, relation indéfinissable qui poursuit sa route étonnante, toujours plus riche de chaque moment passé ensemble. Ces dernières semaines, son enthousiasme à me voir, son besoin de ma présence, étaient palpables : je suis chez moi, à ma place, dans son regard. Ça n'empêche pas la solitude, le rêve d'autre chose, mais c'est un trésor qui porte en avant.

Et je peux enfin mettre de l'énergie dans ma vie d'écrivain. Le livre qui aurait dû depuis longtemps être publié devrait l'être prochainement, même si je ne sais pas ce qu'il y a derrière ce prochainement. Je reprends le fil, pour tisser d'autres choses, poursuivre ce chemin et voir où il peut mener. Me concentrer là-dessus, c'est l'objectif maintenant.

Après toutes ces années de travail psycho-corporel, quelque chose a changé. Rien qui ne se voit encore dans ma situation de vie mais quand d'autres mois seront passés, selon ce que la situation du monde rendra possible ? Ce que je sais, c'est qu'une panthère est apparue en moi à côté de l'oiseau, et que je vais la suivre. Un autre mouvement.

jeudi 20 août 2020

27 ans

27 ans (hier) depuis le jour de l'opération, jour de pertes où je suis restée en vie.

J'ai réussi à rester en vie. A accrocher quelques bonheurs et à en donner. Je suis douée pour ça, et c'est censé suffire...  mais à bientôt, trop vite, 40 ans, exister - avoir une place qui ferait un vide si je mourrais, qui ferait une autre vie, "la vie sans moi" - pour si peu de personnes... J'ai raté ce que les autres font et que je voulais vivre. Je n'ai pas su faire autrement...

27 ans. A peine moins que le jeune homme que j'ai cru "capable de" mais qui me laisse dans cet espace-temps du salon et continue à faire sa vie... avec une autre.

Arriverai-je à changer ce destin de vieille fille isolée condamnée à observer la vie des autres et à (s') inventer des histoires, finissant vieille dame oubliée (si je reste en vie jusque là) ? Arriverai-je à me réjouir de ce destin s'il est le mien, à m'en contenter ? 

J'essaie. De toute mes forces de capitaine.

Mais que ma tristesse est profonde...


mercredi 8 juillet 2020

8 juillet

Oui c'est un titre bizarre mais je ne trouve rien de mieux, et puis c'est bizarre pour moi d'en être au 8 juillet..
Je devrais être en train de penser à la venue de ma cousine et ses choupinous d'amour (dont mon filleul) vivant outre-Atlantique. Cet été sera sans eux, comme la fête de famille prévue depuis plus d'un an exprès à cette date pour qu'ils puissent être là. 
Je devrais être en train de rêver de partir. Je vais changer d'air et c'est une chance, surtout qu'à cause des grèves j'ai raté mon séjour de janvier habituel, mais il y a quelque chose qui vient trop vite. Le confinement ne m'a pas donné envie de partir de chez-moi, ce qui m'a manqué c'est le jeune homme, c'est le ciné..
Je retrouve le ciné : les films, c'est top, le contexte "protection nécessaire" manque un peu de charme... 
Je retrouve le jeune homme, toujours dans le même contexte mais encore plus : semaine dernière, 4 jours sur 5 (temps en tête à tête variable) ; cette semaine s'annonce pareil. Et ce n'est pas parce qu'il manque de clients, ni parce que je passe le voir. La relation se poursuit, grandit. Je ne sais pas si nous serons un couple un jour, mais je sais qu'il me donne accès à une part de lui intime (dans le sens "je suis seule à la connaitre") et que c'est beau : j'aime toujours autant l'accompagner. (Et ce qu'il me donne aussi, la relation est équilibrée).
Je reprends un peu l'écriture (un collage a trouvé un poème, sur l'autre blog).
Et je sais déjà que la rentrée amènera d'autres choses, dont je ne sais pas encore les contours : le pilates ne reprendra pas comme avant (en recherche de salle, ce n'est même pas dit qu'il y en ait une...).

lundi 25 mai 2020

Plaisirs

Un "tu veux venir à ?" dés qu'il en a eu la possibilité, qui nous a fait nous retrouver joyeusement avec évidence, même avec le masque et l'obligation de rester loin - l'envie de se rapprocher est palpable, et quelque chose de neuf dans son œil sur moi, sûrement un peu neuve aussi.

Une salle de bain que je change de couleur, travaillant ainsi ma confiance en mes capacités physiques : 4 m de hauteur de mur ! Je peins au rythme de mon corps, faisant de mon mieux, pour le plaisir d'un projet à mener qui mobilise les muscles, me donne la satisfaction d'un nouveau décor, et devrait nourrir assurance et fierté.

Une sortie aujourd'hui, un peu forcée au départ, a eu du bon : j'ai aimé observé la ville réanimée, différente et retrouvée. Et puis le libraire qui me reconnait bouche cachée, c'était chouette.

jeudi 14 mai 2020

Après 2 mois

Deux mois à prendre soin de moi sans soignants, m'appuyant sur mes ressources et mes expériences. J'en conclus que je suis douée pour ça, et je vois - enfin ! - les fruits de tout le travail de ces années, les choix et les apprentissages que j'ai faits. Même s'il était temps de retrouver le kiné, et probablement l'accompagnant psycho-corpo la semaine prochaine malgré les conditions de sécurité.

Et puis deux mois à ne voir en vrai que la pharmacienne et les employés des supérettes, à passer devant le salon fermé où résonnait encore notre dernière phrase "à mardi, allez on se fait la bise quand même". (Notre dernière phrase en face-à-face, on a quand même échangé des messages, sur mon initiative le plus souvent). "Résonnait" car lundi, j'ai été parmi les privilégiés avec qui il voulait reprendre... et que c'était bon, cette heure-là ! Le plaisir exprimé de nous revoir, la certitude que dés que possible on se reverra (et l'envie commune que ce soit vite !)... et la surprise très agréable d'entendre ses compliments sur mon physique. L'arrêt n'en était pas un, c'est comme si la relation s'enrichissait de nous qui grandissons. La suite ? Qui sait...

dimanche 5 avril 2020

Confinement

J'ouvre les gros livres de la pile en attente puisque je n'ai pas besoin qu'ils entrent dans le sac quand je sors. J'utilise le beau marque-page puisque je ne peux le perdre.
J'ai un cours vidéo de ma super prof de Pilates, qui sera sûrement utile dans un autre temps.
J'ai profité de Canal + pour découvrir des films ratés au ciné, ou pour revoir ceux que j'ai aimés. Mezzo compensera peut-être les spectacles de danse annulés...
Ma solitude est différente mais reste solitude. Je me retrouve avec ce que je n'aime pas de ma vie depuis des mois et mois, et je cherche ce que j'y gagne. Je confirme que j'ai besoin de liens directs, avec des personnes qui me regardent, me sourient.
La relation avec le jeune homme est trop peu pour moi, mais elle continue par d'autres détours, heureusement.
J'expérimente l'état de mon corps sans kiné et sans psycho-corpo (lui reste accessible via vidéo mais pour l'instant ça ne me fait pas envie)... Je suis pleine de gratitude envers cette météo ensoleillée assez stable (même si la terre par chez nous aurait besoin de pluie) qui me fait peu de douleurs, et ce balcon à l'ouest qui me permet d'en profiter.



jeudi 19 mars 2020

2020, suite...

Tout ce temps, je n'avais pas assez de nouveau, ou du nouveau indicible, pour venir écrire ici.
Et puis, là, j'avais un mois de mars qui m'enthousiasmait : trois spectacles, dont un concert avec une amie comme il y avait longtemps que ce n'était pas arrivé, et puis peut-être que le jeune homme allait finir par sortir notre relation du "lieu cadre", et puis les séances psycho-corpo continuaient à m'apporter un mieux-être que j'espérais concrétiser en moins d'isolement, en vie plus proche de celle que j'ai besoin de vivre... 
Et puis... bingo ! Nous avons tous gagné l'arrêt de la vie comme on la connait, chacun à se débrouiller avec des situations inédites...
Après le renoncement forcé à mon séjour en bord de mer de début d'année, j'étais un peu à saturation de devoir encore renoncer aux rares sorties. L'annonce de la fermeture du salon - essentiel à ma vie mais commerce non-indispensable m'a fracassée. Je tiens 3-4 jours sans regards, sans sourires, mais 15 jours ? Un mois ? Plus ?! 
Depuis, je suis en mode "capitaine". Je prends jour après jour comme je le faisais déjà, attentive à employer toutes mes ressources pour arriver sans épuisement ni physique, ni mental, au bout de cette période où ce sur quoi je comptais, ce qui me permettait de tenir, est en pause forcée.
Pour l'instant, l'effet du confinement, c'est plutôt moins d'isolement : la première fois que d'une certaine manière je suis dans le même rythme que les autres... et ces jours plus d'amies au tel qu'en au moins six mois... Et la méteo a décidé de m'aider en étant enfin plus stable...

Mes vœux pour que tout se passe au mieux aux passantes et passants par ici !