27 ans (hier) depuis le jour de l'opération, jour de pertes où je suis restée en vie.
J'ai réussi à rester en vie. A accrocher quelques bonheurs et à en donner. Je suis douée pour ça, et c'est censé suffire... mais à bientôt, trop vite, 40 ans, exister - avoir une place qui ferait un vide si je mourrais, qui ferait une autre vie, "la vie sans moi" - pour si peu de personnes... J'ai raté ce que les autres font et que je voulais vivre. Je n'ai pas su faire autrement...
27 ans. A peine moins que le jeune homme que j'ai cru "capable de" mais qui me laisse dans cet espace-temps du salon et continue à faire sa vie... avec une autre.
Arriverai-je à changer ce destin de vieille fille isolée condamnée à observer la vie des autres et à (s') inventer des histoires, finissant vieille dame oubliée (si je reste en vie jusque là) ? Arriverai-je à me réjouir de ce destin s'il est le mien, à m'en contenter ?
J'essaie. De toute mes forces de capitaine.
Mais que ma tristesse est profonde...