Merci de respecter mes mots et mes images en ne les empruntant pas sans m'en parler avant...

dimanche 29 septembre 2019

De vieux mots

"Trop grande" et "trop intello". Les mots des copinages adolescents, écrits sur des cahiers que je n'avais pas jetés. Aussi des "je ne te comprends pas toujours", des "je ne pensais pas que c'était possible d'être amie avec toi".
Tellement révélateurs dans mon regard d'adulte, ces petits mots de rien qui trainent la tristesse d'amitiés faussées, qui ne pouvaient pas me donner la confiance en moi.

Mais un "peut-être que tu trouveras enfin le prince charmant" d'un copain au lycée, amitié jamais définie ainsi, plutôt complicité de se retrouver dans la même classe année après année depuis le primaire, et de passer quelques cours ennuyeux sur la même table. Certes, il enchaine sur "qu'est-ce que tu penses du Père Noël ?" - et le temps semble lui donner raison : je n'ai probablement de chance qu'avec un mec imaginaire - mais il y a eu un garçon qui m'a écrit que j'étais une fille de 16 ans qui pouvait rêver d'amour.

Rouvrir les vieux journaux secrets ?

samedi 21 septembre 2019

Liste du jour

Une invit' à prendre un café, des sourires, une peau qui touche la mienne, un "on se voit mardi ?"
Une quiche à l'oignon et un cookie coco-chocolat.
Des pas jusqu'à assez loin, mine de rien.
Un livre d'une autrice russe pris dans une boite à partage.
Deux Bisounours superbes laissés au vendeur qui dit "ça cote un bisounours". Mon cœur chagrin : chez moi, ils auraient eu des amis.
Un roman jeunesse acheté qui me fait une idée qui m'amuse : une collection de romans "coiffeur".
Des stroumpfs choisis avec amour, qui iront rejoindre mon filleul du Canada à Noël.
L'étagère de ma grand-mère/marraine, le meuble resté jusqu'au bout, qui viendra agrandir ma bibliothèque.
Une idée de mon père pour réorganiser ma pièce bureau, à tester.

vendredi 20 septembre 2019

Points d'appui

Ce jour, les grandes fenêtres sont lavées ;
Dans la boite aux lettres, le livre de poésie gagné.
Au soir, hier, j'ai pu sortir.

J'ai les désirs,
Je cherche les points d'appuis.

dimanche 15 septembre 2019

Décisions

C'est un peu avec l'énergie du désespoir mais je fais de mon mieux avec ce que j'ai à ma disposition.

Je tente l'apport d'une molécule (acide aminé) intervenant dans la production d'énergie par les cellules, prescription de mon médecin anti-douleur qui me parait cohérente avec mes observations. Et puis je vais rapprocher mes séances psycho-corporelles, que jamais je ne trouve inutiles, tant pis pour l'argent que j'aurais voulu mettre ailleurs. Je voudrais tellement en finir avec ces vagues de fatigue fracassantes qui m'ont fragilisée comme l'eau effrite la roche des falaises. En finir ou bien trouver comment devenir rocher qui, à défaut de rétrécir, s'arrondit, se polit.

Je modifie l'ordre des choses et de la décoration dans mon appartement. Je trie, je range autrement, je reprends contact avec ce qui était oublié, et je choisis d'oublier ce qui ne me met plus en joie, ce qui me met en insécurité.

Je veux retrouver le chemin de l'écriture. Pas complètement perdu : il y a un recueil de poésie illustrée en parution "à venir" - j'ai relu et j'aime le travail que j'ai accompli avec ce livre qui sera mon 6e avant la fin de l'année, j'espère - et le 2e roman est sous forme d'idées qui mûrissent et de recherches par-ci par-là, et j'ai des morceaux d'histoires commencées. Pas complètement perdu donc mais comme mis de côté, très occupée par mon corps par nécessité. Je voudrais reprendre, continuer l'écriture, c'est ce que ce p* de cavernome ne m'a pas pris. C'est la seule chose qui est dans la vie que je voulais (la vente est une autre histoire).

jeudi 12 septembre 2019

Parler de moi

Elle m'a écrit, cette grande amitié d'enfance perdue dans les chemins d'adolescence, retrouvée dans cet improbable enchainement des événements qui arrive parfois  - et que je ne peux que lier à ma grand-mère/marraine qui a fini sa vie ici-bas et a remis sur ma route cette fille en souffrance de n'avoir pas compris à 12 ans, ce que je n'avais pas compris non plus, le basculement de ma vie dans autre chose : "parle-moi de toi".

Je ne sais plus parler de moi. A part à ce jeune homme trésor qui m'est toujours aussi précieux, et un petit groupe de filles qui existe pour ça, sur les réseaux sociaux.
Je ne sais plus parler de cette vie qui ne ressemble à rien. Dit-on "j'ai une vie de fille seule, qui essaie d'avancer au milieu des vagues de douleurs et de fatigues qui reviennent inexorablement et rendent tout friable,  instable, sans sécurité jamais" ? Mes amitiés anciennes, ces personnes censées m'aimer, n'ont plus le temps et plus l'envie, pris dans leurs vies à eux, difficiles aussi, sûrement, mais normales, avec des câlins d'enfants, au moins une personne avec qui vivre, un métier qu'on peut nommer, dont on peut se plaindre, qui donne une place, un salaire, un appartement ou une maison qu'ils ont pu acheter (quand moi mon destin dépend des choix de mon propriétaire).
Écrivain, ça ne donne un statut que si on vend, et ce que j'écris est hors case comme ce que je suis, et il ne suffit pas d'écrire, il faut avoir l'énergie de la communicante commerciale... je ne l'ai pas. Écrivain, ça donne un statut si on peut répondre "j'ai un livre à paraitre et un livre en court de travail qui avance", si on "produit". Moi je suis une tortue, occupée à gérer un corps tenace mais épuisé.
Écrivain, ça donne un statut si l'autre en face est capable de dire autre chose que "et tu en vis ?", "et sinon tu fais quoi ?", et un silence poli quand tu essaies de répondre à "tu écris quoi ?"... non, pas des polars, pas des thrillers, pas du best-seller...

Je ne sais plus parler de moi parce que je n'aime pas cette vie. J'aime la vie. Je peux parler de ce que j'aime, de toutes ces petites joies que je sais voir et savourer. Mais ça n'enlève pas le manque d'amours avec qui partager, les batailles et les victoires qui ne me mènent pas là où je voulais aller mais toujours à ce chemin de vieille fille handicapée qui n'est pas la réponse que je voudrais donner à "parle-moi de toi"...

mercredi 12 juin 2019

Autoportrait 3

Née
Sous le signe
Des "j'ai mots"
J'ai l'écrit
En ligne
De chance,
En point de vie.

Je flotte ou j'avance
Selon le tempo
Qui sied
A mon corps tortue, phénix et
Coquelicot.

En mes pupilles est
L'océan, comme au fond
Sous ma peau
J'ai la force en secret
Et le désir profond,
Et ça danse !

Sensible aux
Temps, aux vents
Je vais
Cheveux libres,
Corps gourmand

Et visage en déséquilibre,
Je croise les maux aux
Rêves, et je signe
D'un rire, et je laisse ma chanson
Prendre les interlignes
De mes apparences.

vendredi 15 mars 2019

Les lignes de vie

Le jeune homme achète un appart avec la fille avec qui il fait sa vie. Avec de l'espace pour un enfant qui n'est pas encore un projet mais l'ordre des choses se profile.

Moi j'écoute mon corps travailler, je l'accompagne. J'aimerais que ça fasse plus l'inverse : que mon corps m'accompagne dans les projets... Ce n'est probablement pas encore le moment. C'est frustrant et difficile, je ne sais pas s'il y aura un jour ce moment ou si ma vie, toute ma vie, c'est vraiment cela : l'incertitude permanente du corps qui fait le programme d'action. Je continue à chercher.

Quand nos deux lignes - celle du jeune homme, la mienne - se rejoignent, dés que possible, je retombe amoureuse. C'est dingue. Beau, aussi.

J'essaie d'avoir confiance pour la suite.