J'ai été à un concert. Un concert avec batterie, guitare électrique et son bien fort.
Et la musique ne m'a pas fait mal. Ou à peine. Mes cellules, mon corps, n'avaient pas besoin de se défendre.
C'est la première fois que cela m'arrive.
J'ai toujours "fait avec" pour pouvoir continuer à vivre ce que j'aime. Là, ce soir-là, j'ai fait sans.
Au point que le lendemain, même fatiguée, j'ai pu marcher longtemps dans une brocante avec une copine. Évidemment, j'étais KO le dimanche mais c'était sans importance.
Je n'ai pas eu mal. J'ai vécu un concert sans cette compagne indésirable.
De l'extérieur, ça ne change pas ma vie. Mais de l'intérieur, c'est une émotion que je prends le temps d'intégrer. Parce que c'est gigantesque de pouvoir vivre la sensation de "non douleur" quand on ne connait plus que ça depuis tellement d'années qu'on a failli ne plus trouver comment tenir encore.
Parce que c'est gigantesque d'avoir un corps solide et allégé quand on croyait n'avoir que fragilités et combats à trainer comme un boulet.
C'est gigantesque et ça découvre un espace caché.
Un espace où l'on peut courir avec une petite fille pour le plaisir.
Un espace où je me découvre plus sportive que "prévu".
Un espace où je réalise la dose de souffrances encaissée depuis le jour où j'ai été opérée, où j'ai vu mon nouveau visage dans un miroir. Je n'en tire ni gloire ni colère ni je ne sais quoi de "victimisation", simplement je réalise, je me rends compte. Tout au long de ces années, j'ai cherché comment "faire avec" et j'ai plutôt bien trouvé puisque j'en suis là. Aujourd'hui, c'est en m'accueillant, que j'agis pour la vie.
Hier, j'ai débusqué la peur de la souffrance. Je crois que c'est la première fois que quelqu'un me disait "c'est normal d'avoir peur de la souffrance".
La peau de guerrière m'a été utile, mais j'aime tellement plus la fille - la femme que je découvre derrière, dans l'espace caché. C'est intimidant et bouleversant : je prends le temps de la rencontrer...
La guerrière qui se bat, la fille qui grandit, la femme qui s'écoute, l'exploratrice qui découvre, l'être multiple qui continuera son cheminement toute la vie ... Ne pas souffrir, c'est une notion que je comprends. J'ai eu des migraines pendant de nombreuses années. Quand le mal s'en allait, quel soulagement ! Quel bien-être ! Je me réjouis pour toi de ce bon moment.
RépondreSupprimerC'est bien normal d'avoir peur de la souffrance ...Moi j'ai peur d'avoir peur :)
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