Un jour, il y a longtemps, lorsque j'étais adolescente, face à une psychologue, une image m'est venue : j'étais un oiseau incapable de m'envoler d'une cage dont la porte était ouverte.
C'est que j'étais un oiseau tout petit, terne, blessé par le monde...
Comme c'était affronter ou mourir, j'ai affronté. Je suis sortie, j'ai affuté mon bouclier, trouvé mes armes, secoué mes ailes du mieux que j'ai pu, j'ai pris d'autres coups qui m'ont fait me rouler en boule, j'ai déposé sur le chemin ce qui s'était accroché, ce qui s'accrochait, à mon plumage au fur et à mesure, espérant que ce seraient des graines de fleurs, de plantes qui donneraient des fruits savoureux plutôt qu'amers. J'ai cherché l'abri. J'ai caché maladroitement le petit oiseau fragile dans un aigle défiant, j'ai picoré ce que je rencontrais, osé parfois voleter en oubliant que le ciel n'est pas un espace sûr, et presque toujours ça s'est terminé avec une trace de crocs en plus dans la chair.
Hier, avec l'accompagnant psycho-corporel, j'ai retrouvé l'image. Toujours dans une cage ouverte...
Mais l'oiseau a grandi. Il a plusieurs couleurs, avec une dominante rouge.
Il ne tremblait pas de toutes ses plumes. Il ne baissait pas le bec. Il n'avait pas d'armure mais il se sentait fort quand même, peut-être parce que ça pesait moins lourd sur ses ailes. Il n'était pas loin de chanter.
J'aimerais que cette fois, il s'envole vraiment. Qu'il parte explorer la lumière. Qu'il croit en ses couleurs.
Qu'il n'y ait plus de cage mais un nid, une aire.
Qu'il n'y ait plus de cage mais un nid, une aire.
<3<3
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Supprimerje crois que nous sommes nombreux à être ce genre d'oiseau... encore heureux si la cage est ouverte!
RépondreSupprimerBon envol, Captaine!
Sans doute, Adrienne... En ce qui me concerne, je trouve dommage de rester dans une cage ouverte si je peux trouver comment m'envoler et être mieux. Donc je cherche. :-)
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