Merci de respecter mes mots et mes images en ne les empruntant pas sans m'en parler avant...

mardi 26 novembre 2019

Je choisis la confiance

Comme un ptit air de chance qu'on fredonne, je choisis la confiance.
La peur gorgone n'a pas déjoué les blessures, mon instinct m'a donné des joies, et même des victoires.
J'aurais parfois dû lâcher prise plus tôt mais ma ténacité a eu du bon.
Dans mon contre-courant forcé, je comprends que l'isolement, ce n'est pas seulement voir trop peu de personnes, c'est toutes ces petites phrases qui derrière l'air amical disent que ce qu'on est, ce qu'on ressent, n'est pas "ce qu'il faut", par incompréhension, par peur pour moi... L'isolement, c'est un déficit de complicité, le clin d’œil "même tribu".

Mais il y a eu ce samedi matin, où j'ai vu comme toutes ces minutes passées en compagnie du jeune homme, en plus du bien qu'elles m'ont fait chaque fois  - vrai cadeau de la vie ces derniers temps - toutes ces minutes ont créé une relation qui s'en fiche de l'âge et de mon apparence. Je ne sais plus depuis quand on ne m'a pas dit "on ira voir un film ensemble et puis après on ira manger pour parler". Je ne sais plus depuis quand on ne m'a pas dit "je viendrai regarder la série chez toi, j'apporterai l'apéro". Lui, avec qui j'aime tant être, l'a fait. Et il a posé sa main sur ma cuisse.
Alors je ne sais pas si la suite sera un jour le couple que mon instinct imagine. Je ne sais pas ce que deviendra cette relation qui est à contre-courant... mais c'est bon, ce contre-courant-là.
Alors je choisis la confiance. En lui, en moi, en nous, et dans la vie qui ne peut pas jouer à tester ma résistance de phénix indéfiniment.
Je choisis la confiance pour tous les pas, fragiles ou non, ils seront les bons.

mardi 12 novembre 2019

Suite

Et puis tu le revois, dans un moment tranquille.
Et tu vois que ton soutien, ton avis, compte, mais qu'il n'a pas l'intention de te faire jouer le rôle de la consolatrice en se plaignant, et ça te fait l'aimer encore plus.
Et tu sens qu'il y a quelque chose qui nous fait nous lever, nous asseoir, nous éloigner, nous approcher... Tu te dis que cette hésitation à rentrer chez soi, c'est comme un temps qu'on pourrait étirer si on l'osait. Mais tu ne veux pas interpréter.
Et il te donne envie de voir deux films. Et ça te donne l'idée de faire une journée ciné pour ta journée d'anni que tu n'avais pas envie de vivre, parce que tu voudrais un autre âge, ou une autre vie à cet âge, que demain tu auras plein de messages sûrement mais que tu n'oublies pas la souffrance de l'isolement ressenti tous ces mois et ces mois où les amis n'ont rien vu, rien entendu, parce qu'ils n'ont du temps que le jour de ton anni, ou quand ta grand-mère meurt, une minute pour quelques mots. Alors, oui, une journée ciné, avant de terminer avec une rencontre-dédicace de Sorj Chalendon si l'énergie est là. Et juste ça, cette idée née du moment avec lui, c'est beau.
Et il te dit, sur la fin, "il faudra qu'on aille au ciné ensemble". Et toi, tu réponds "ça tombe bien, j'ai même une place gratuite dont tu peux profiter". Tu pensais à lui proposer mais tu n'as pas eu à  hésiter sur quand, comment, le dire, il t'a devancé, et il a souri, et tu sais que ce n'est pas un "on se fera un ciné" dit comme ça, que ça se fera même si aucune date n'a été prise.
Et tu sais que cette relation que tu es allée chercher parce qu'à la première rencontre, tu as su que tu avais trouvé un trésor, elle va continuer à grandir, en sortant du contexte dans laquelle elle est née. 
Et que ça finisse en couple ou non, même si tu as une préférence, des rêves, eh bien, c'est un très joli cadeau d'anniversaire.

mardi 5 novembre 2019

Quand soudain...

Le jeune homme, celui dont j'aime chaque minute en sa compagnie depuis le 1er jour (et ce 1er jour est loin, déjà, des minutes, mine de rien, il y en a eu beaucoup) vient d'être quitté par celle avec qui il s'engageait dans un avenir.
C'est brutal, il est dévasté. Je ne peux donc m'en réjouir. J'ai mal qu'il ait mal.
Mais le jeune homme qui est pour moi l'homme-de-ma-vie, qui me fait du bien par le simple fait d'exister, est quitté. Nous pouvons donc laisser grandir notre relation dans un contexte plus large.
Je reste une fille plus âgée avec un handicap qui complique. Je ne suis pas la jolie blonde brindille.
Rien ne dit qu'il va me tomber dans les bras.
Mais voilà, soudain, il y a quelque chose qui change. A quelques jours de mon anniversaire sans joie.  Alors que je retrouve une direction, avec mon corps divisé qui apprend à vivre dans la complétude, en cohabitation sereine, et que ça me redonne de l'espoir perdu, une vie qui va mieux "même si"... 
C'est lui qui est quitté. Moi, j'ai l'onde de choc. C'est comme un ricochet qui ouvre la porte aux rêves, aux fantasmes. Mais je sais que c'est dangereux d'ouvrir cette porte. Parce que rien ne dit qu'il saura voir ce que je vois, même s'il aime passer du temps avec moi, j'en ai la preuve depuis un moment. Alors je répète à l'Univers, à Dieu, à ce qui peut m'entendre : "s'il te plait. Fais que !" Et puis je me répète : reste toi, à suivre ton instinct comme tu as fait dans cette relation improbable, qui a un peu plus d'espace s'il est seul. Ta certitude, c'est que c'est un trésor, c'est cela qui compte, qui est beau.
Le reste, c'est l'avenir qui le dira.

lundi 21 octobre 2019

Direction

Le challenge d'une vie, probablement.
Faire vivre ensemble le corps blessé, fragile et le corps sain, rempli d'envies.
Résoudre le conflit, entre celui qui culpabilise de prendre tant de place et celui qui revendique d'exister.
Conflit intérieur, né d'une cassure dont je n'avais pas mesuré qu'elle avait imbibé toutes les couches, pas seulement coupé mon visage, tordant mon sourire.
Conflit extérieur aussi : soit je dois faire taire sa gueule au corps fragile, soit je dois hurler "je ne suis pas que ce handicap !".

Pour avancer après la vie fracassée, il a fallu dire "chut" au côté blessé, espérant qu'il obéirait et me laisserait reprendre la vie normale, celle où on râle mais parce qu'on ne sait pas la chance du corps qui suit, parce qu'on ne voit pas ce qu'un travail, un couple, une famille, des amis qui ont le même mode de vie, ça apporte de bien. (Si ça n'apporte rien de bon, c'est qu'il y a un problème). 
Mais le corps blessé a crié, fort : si tu ne t'occupes de pas de moi, tu vas exploser ! Alors j'ai écouté, pris soin. Essayé de faire vivre l'autre à côté. Une fois l'un, une fois l'autre. En faisant des deals. En forçant. En m'écroulant. En gagnant parfois. En me fracassant contre le même mur, toujours. En recommençant. En cherchant.
Maintenant, je sais. Le sacré défi : les faire vivre ensemble. Cohabiter. Coexister. C'est la direction à prendre. Je sais ce que ça fait, le sentiment de complétude. C'est ce que je ressens depuis la première minute passée en compagnie du jeune homme coiffeur. Toujours là, plus que jamais, dans un contexte d'amitié toujours peu conventionnel. Je sais donc vers quoi aller. 
Une direction, ça donne la possibilité d'un plan d'actions. Ça veut dire explorations, et joies possibles.
Alors je regarde quelle est ma tribu, qui peut m'aider. Par quels moyens, j'arrive à les faire vivre ensemble, ces deux corps. Puisqu'aucun n'abdique. Je suis attentive à ce qui prend soin des deux, dans le même temps si possible.

Le challenge d'une vie, sûrement. Mais c'est précieux une direction. Ça permet d'être mieux au présent.


dimanche 6 octobre 2019

Nidification

Dans le bruit de la pluie,
et du Derby,
mener les livres de poésie
sur l'ancienne étagère
d'une grand-mère
nommée Mutti.

En quelques gestes, une pièce bureau
réchauffée. D'autres rideaux,
un changement de tapis,
pour faire le nid.


(ps : je tente la modération des commentaires, apparemment ça facilite la vie des commentateurs).

dimanche 29 septembre 2019

De vieux mots

"Trop grande" et "trop intello". Les mots des copinages adolescents, écrits sur des cahiers que je n'avais pas jetés. Aussi des "je ne te comprends pas toujours", des "je ne pensais pas que c'était possible d'être amie avec toi".
Tellement révélateurs dans mon regard d'adulte, ces petits mots de rien qui trainent la tristesse d'amitiés faussées, qui ne pouvaient pas me donner la confiance en moi.

Mais un "peut-être que tu trouveras enfin le prince charmant" d'un copain au lycée, amitié jamais définie ainsi, plutôt complicité de se retrouver dans la même classe année après année depuis le primaire, et de passer quelques cours ennuyeux sur la même table. Certes, il enchaine sur "qu'est-ce que tu penses du Père Noël ?" - et le temps semble lui donner raison : je n'ai probablement de chance qu'avec un mec imaginaire - mais il y a eu un garçon qui m'a écrit que j'étais une fille de 16 ans qui pouvait rêver d'amour.

Rouvrir les vieux journaux secrets ?

samedi 21 septembre 2019

Liste du jour

Une invit' à prendre un café, des sourires, une peau qui touche la mienne, un "on se voit mardi ?"
Une quiche à l'oignon et un cookie coco-chocolat.
Des pas jusqu'à assez loin, mine de rien.
Un livre d'une autrice russe pris dans une boite à partage.
Deux Bisounours superbes laissés au vendeur qui dit "ça cote un bisounours". Mon cœur chagrin : chez moi, ils auraient eu des amis.
Un roman jeunesse acheté qui me fait une idée qui m'amuse : une collection de romans "coiffeur".
Des stroumpfs choisis avec amour, qui iront rejoindre mon filleul du Canada à Noël.
L'étagère de ma grand-mère/marraine, le meuble resté jusqu'au bout, qui viendra agrandir ma bibliothèque.
Une idée de mon père pour réorganiser ma pièce bureau, à tester.